Mon premier potager

Voilà un an, presque jour pour jour, où j’ai enfin mis les pieds dans mon premier potager.

Il y a bien le souvenir d’une tentative de jardin dans le sud de mon enfance, mais entre la sécheresse et la tortue, les tomates et les fraises n’ont pas pu exprimer leur tendresse.

J’ai aussi essayé de créer un jardin cultivé sur mes petits mètres carrés urbanisés sur-élevés, mais là encore l’exposition nord-ouest n’a pas contribué.

Alors lorsqu’on a (enfin) déménagé à la campagne, un jardin dans la liste des priorités, j’ai enfin pu réaliser ce rêvé jardin potager.

Il y a des choses que je pensais savoir et que j’ai raté. D’autres que j’ai concrétisé et certaines que j’ai découverte sous mes pieds.

Alors oui, les mauvaises herbes sont dotées d’une énergie à toutes épreuves, et bien qu’elles ne soient pas si mauvaises que ça, elles demandent un peu d’attention pour garder le chemin tracé.

A coté de ça je ne savais pas que les limaces adoraient cette petite humidité de mon arrosage de fin de journée. Il y a aussi les escargots cachés entre les allées sous les feuilles tombées.

Je ne savais pas que les radis étaient si aguerris et que la roquette rêvait de conquête. J’ai découvert que malgré les petites bêtes chaque plante a une force d’exister, de respirer et de s’exprimer.

Et puis la terre s’assèche, il faut des arrosages réguliers malgré le paillage dispersé. Penser à la météo pour les travaux et aux créneaux pour prendre le temps qu’il faut. 

Je pensais que mon plan était optimisé mais au fur et à mesure des journées je me suis rendue compte des manqués. C’est là que le plaisir des mains dans la terre et des pieds dans l’herbe me font vibrer. Essayer, échouer, apprécier, réussir, approfondir et sourire. Plus que des récoltes, le potager est devenu pour moi un lieu de réconfort, un temple de la Vie, un coin d’air pur.

Depuis les nombreuses années où je me balade sur notre cher Web, je vois des impératifs se transformer en dicta, des supports d’expression se mutiler en produit de distribution et des créateurs se travertir en marketer. Le temps où l’on tenait son blog pour exprimer et partager son mode de vie, ses dernières découvertes voire même un peu de complicité, a bien changé. Je ne me retrouve plus dans cette formule low-mind. Je ne sais plus si la personne derrière l’écran pense vraiment ce qu’elle dit ou si elle suit le script qu’on lui a commandé. C’est d’ailleurs un terrible compliment que d’être Influenceur. Loin des paillettes, cette responsabilité où parfois il faut s’asseoir sur son authenticité. 

Comment se retrouver dans cette nouvelle forme de popularité. Il y a des indigné(e)s mais c’est parce qu’elles* ont privilégié leur liberté. Sinon si l’on veut briller on n’a pas le choix de communiquer, de toujours être dans l’actualité et de chercher la rentabilité. C’est vrai que c’est compliqué. Même si on ne cherche pas à influencer ça devient difficile de pouvoir se trouver une place dans cet espace. Il faut rivaliser avec cette Créativité achetée, sans quoi personne ne nous trouvera. 

*j’inverse la régle du masculin sur le féminin – on est au 21° siècle.

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