Passer le test de QI

NativNatur.fr

Demain je passe le test. Ce fameux test qui attestera de mon HPI (Haut Potentiel Intellectuel – à disposition). J’appréhende, faudra t-il encore jouer au jeu de l’élève parfaite ou se laisser aller histoire de ne pas biaiser le test (?). Bien sûr ma voix de la raison a plus de force cette fois-ci, il s’agirait d’enfin savoir ce que j’ai. Comprendre ce qu’il se passe là-dedans. 

Hier , j’ai passé le test. Je fais suivre cette expérience. Oui il s’agit bien du célébre test de QI mais comme les surdoués il est mal interprété. Il n’a pas été question d’équation à 6 chiffres, ni de culture générale digne d’un doctorant. Non, ce n’est pas comme à l’école. Il est question de mesurer la qualité, la rapidité et la quantité de notre façon de raisonner, d’expliquer et d’exprimer. 

C’est très éprouvant, c’est presque comme littéralement passer notre tête dans la machine à laver. Et puis après avoir joué le jeu de l’examen, on se retrouve, à peine sorti de chez le spécialiste, dans un état d’ébriété mentale. Mais notre nature fait qu’en fond il y a toujours la machine qui tourne et les questions sur l’issue du test, le résultat de cet exercice, qu’en sera t-il ?

Aujourd’hui  , je suis à une semaine d’avoir mon résultat. Oui il ne suffit pas de vérifier l’exactitude des réponses, il y a aussi leurs analyses – et c’est tout le coeur de l’interêt. L’épuisement du test est passé, mais mes interrogations se sont ancrées. Parce que soit il est positif et j’ai enfin un nom sur ce que je ressens, et à partir de là j’ai aussi les solutions possibles pour rétablir les déséquilibres. Je trouverais aussi une communauté, une famille avec qui en parler, qui saurait ce que c’est et où je ne serais pas jugée. Oui j’entends déjà à cette possibilité toutes les fausses idées sur les surdoués : « mais alors tu peux tout réussir ?  »  » Tu sais tout toi  »  » si tu ne réussis pas c’est parce que tu es une flemmarde  »  » t’as un avantage alors ne te plains pas  » et le célébre  » tu as tout pour réussir « . Ca risque d’être sanglant, sûrement un peu plus que lorsqu’on annonce qu’on entre dans le groupe de végétar(l)ien. Quand on est différent il faut avoir la peau dure. Mais cette fois il s’agit moins d’un choix que de naître comme ça. 

Et puis il y a l’autre option, un résultat où finalement je serais aussi ordinaire que la moyenne, sans jugement de valeur. Où finalement, il n’y a toujours pas de réponse à pourquoi je sens / vois / ressens les choses comme ça. Toujours avec ma valise d’incompréhension à avancer sur le chemin de la vie. Parce que ce test est pour ceux qui le passe moins une épreuve d’égo qu’une île de sauvetage dans une existence en décalage. Avoir enfin les mots sur nos maux est la seule façon de se libérer de leur tourmente, de se sentir moins seul(e), de savoir qui on est. 

Alors voilà, je suis dans cette inquiétude passive-bouillonnante jusqu’à ce que le résultat tombe. Bien entendu, ma spécialiste a déjà une idée, sans quoi elle ne m’aurait pas laissé à dépenser le coût du passage du test. Mais c’est justement la seule manière pour que je prenne vraiment conscience de ce que je suis, que je sache où j’en suis, que je me situe dans ma singularité. C’est aussi le moyen armé pour écraser mon colocataire d’imposture, ce Cher Syndrome de l’Imposteur, lui il a la peau dure. Parce qu’il n’y a qu’avec quelque chose de scientifique, d’authentiquement valide et légitimé par la société au moyen d’un test fiable que mon cerveau pourra enfin se rendre compte de son potentiel. Affaire à suivre.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© Nativ Natur tous droits réservés ♥